Fillon 2017

Politique européenne

Face aux menaces qui l’entourent dans un monde toujours plus imprévisible, j’ai la conviction que l’Europe sera l’un des principaux sujets des années qui viennent. Pour nous protéger contre les menaces de tous ordres, pour peser dans le commerce mondial et dans la compétition pour l’innovation, pour agir de manière efficace pour le climat, pour nous appuyer sur une monnaie forte, gage de stabilité, l’Union européenne devrait être la solution évidente.

Mais, aujourd’hui, le projet européen est à l’arrêt. A force de tergiversations, de lenteurs, de complexités, mais aussi à force d’avoir voulu s’étendre sans cesse, l’ambition européenne ne répond plus aux attentes des Européens qui s’en éloignent. A tel point, qu’avec le Brexit, pour la première fois, un Etat membre a décidé de quitter l’Union européenne. Un sursaut européen est aujourd’hui indispensable. Gaulliste, je sais qu’il n’aura lieu que si la France et l’Allemagne redeviennent le moteur de la construction européenne. Tant que nous serons affaiblis, ce moteur sera dissymétrique et ne pourra fonctionner. Grâce aux réformes structurelles que je mènerai, nous retrouverons une relation équilibrée et notre complémentarité donnera à ce tandem toute son efficacité.

Sur cette base de pleine égalité, je souhaite construire une Europe nouvelle avec notre partenaire allemand et tous ceux qui croient encore dans le destin de notre continent. Cette Europe renouvelée sera une Europe souveraine qui respecte pleinement les Nations ; une Europe indépendante et puissante capable de défendre nos intérêts et nos spécificités entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine ; une Europe qui protège les Européens, leur donne des emplois et contrôle ses frontières ; une Europe qui innove ; une Europe qui défend notre civilisation et notre histoire, nos intérêts et nos valeurs ; une Europe debout, enfin. Pour y parvenir et faire le bon choix, je souhaite que la France se fixe enfin des priorités claires, simples et ambitieuses pour son action européenne : gérer la crise migratoire et garantir la sécurité des Européens, protéger nos intérêts économiques et commerciaux dans la compétition internationale, défendre et promouvoir nos valeurs et notre histoire commune. Cela impliquera, évidement, de fixer les frontières de l’UE, de réformer et de simplifier ses institutions dont les dysfonctionnements sont aujourd’hui criants.

Les propositions
Mettre fin à la crise migratoire
  • 1
    S’assurer de la mise en place et de l’efficacité des contrôles systématiques aux frontières extérieures et doter Frontex d’un budget permettant au corps européen de garde-frontières d'être opérationnel au plus vite.
  • 2
    Réformer en profondeur les accords de Schengen : expulser systématiquement de l’espace Schengen tout étranger reconnu coupable d’un crime ou d’un délit et en interdire l'accès à tout étranger condamné pénalement ou ayant participé à une entreprise terroriste.
  • 3
    Harmoniser nos règles d’accueil avec notamment la création d’un droit d’asile européen. Imposer que les demandes d'asile soient effectuées dans les pays de départ dans les consulats européens et que la durée d'instruction soit réduite à 120 jours et s'assurer que les refus d'asile sont suivis d'un éloignement effectif.
  • 4
    Réorienter la politique européenne en matière de développement pour en faire un levier efficace de la gestion des flux migratoires.
Garantir la sécurité des Européens
  • 5
    Augmenter les efforts militaires et financiers de chaque pays européen pour donner à l’Europe la capacité de peser militairement sur la scène internationale.
  • 6
    Créer une solidarité européenne pour soutenir l’industrie européenne de la défense à la fois en matière de développement de programmes militaires mais également d’achat d’armes. Doter l'Europe de moyens de réaction aux cyberattaques.
Renforcer la gouvernance de la zone Euro
  • 7
    Doter la zone Euro d’un directoire politique, composé de chefs de gouvernement se réunissant tous les trois mois. En parallèle, créer un Secrétariat Général de la zone Euro - complètement autonome de la Commission européenne - qui assurera le suivi et la gestion de la zone économique.
  • 8
    Faire, d'ici dix ans, de l’Euro une monnaie de réserve et de règlement comparable au dollar Américain.
  • 9
    Coordonner la politique de la Banque Centrale Européenne avec une stratégie économique globale.
  • 10
    Réaliser une véritable convergence fiscale, qui impliquera que la France fasse un mouvement pour rejoindre des taux plus modérés. Commencer par une initiative franco-allemande sur la fiscalité des entreprises.
  • 11
    Créer un Fonds monétaire européen pour permettre à l'Europe d'être indépendante du FMI.
Protéger nos intérêts économiques et commerciaux dans la compétition internationale
  • 12
    Permettre à l'Europe de défendre ses intérêts dans la compétition commerciale internationale en mettant en place de nouvelles règles de réciprocité, notamment en matière d'accès aux marchés publics ainsi que de respect des normes environnementales et sociales sur les produits importés afin que nos industries ne subissent plus une concurrence déloyale.
  • 13
    Refuser les accords qui ne seraient pas dans l'intérêt des Européens comme le projet actuel d’accord de libre-échange avec les Etats-Unis (TTIP) ou la reconnaissance sans condition du statut d'économie de marché à la Chine.
  • 14
    Renégocier de fond en comble la directive sur le détachement des travailleurs et en suspendre l'application en France si la négociation n'a pas abouti avant la fin de 2017.
  • 15
    Faire de l'Europe le champion mondial de l'innovation et de l'attractivité et faire de l'Europe de la recherche une réalité performante. Défendre notre propriété intellectuelle numérique et assumer l’exception culturelle.
  • 16
    Mettre en place une véritable Europe de l'énergie grâce en particulier à une stratégie nucléaire modernisée alliée au développement des énergies alternatives.
Réformer les institutions européennes et préserver nos intérêts et ceux de l'UE dans les négociations du Brexit
  • 17
    En finir avec les élargissements permanents de l'Union européenne. Il est urgent de définir ses frontières. La Turquie n’a pas sa place dans l’UE. Il faut élaborer avec ce grand pays les bases d’un partenariat renouvelé, fondé sur des objectifs partagés : coopération contre le terrorisme, union douanière, grands projets dans le domaine de l’énergie et des transports.
  • 18
    Mettre fin à l'inflation normative de la Commission européenne en concentrant l'exercice des compétences européennes sur quelques domaines fondamentaux et en appliquant strictement le principe de subsidiarité.
  • 19
    Défendre nos intérêts et ceux de l'Union européenne dans la négociation du Brexit tout en maintenant une relation bilatérale forte avec le Royaume-Uni, en particulier en matière de Défense. Renégocier les accords du Touquet.
Défendre et protéger nos valeurs et notre histoire commune
  • 20
    Reconnaître, défendre et promouvoir les valeurs de la civilisation européenne en Europe et dans le monde.
  • 21
    Lancer avec l'Allemagne un musée de la culture européenne à Strasbourg.