Fillon 2017

Enseignement supérieur et recherche

Notre enseignement supérieur et notre recherche sont des atouts déterminants pour la performance et le rayonnement de notre pays. L’Etat doit accompagner la pluralité de ses acteurs pour qu’ils offrent à la Nation ce qu’ils ont de meilleur. Les choix stratégiques relèvent d’abord des acteurs, selon un principe de subsidiarité. Il faut affirmer la culture de responsabilité, inhérente à la logique d’autonomie. Ce sont les projets développés sur différents sites qui conduisent à des rapprochements éventuels et souhaitables entre les différents acteurs, et non l’inverse comme a tenté de l’imposer le ministère depuis 2012. L’avenir verra progresser l’autonomie en l’amplifiant, conformément au projet initial de 2007. Le temps des structures est derrière nous. Le temps des hommes et des femmes est lui, résolument, devant nous. L’étudiant, l’enseignant-chercheur et le chercheur doivent être placés au cœur de ce projet qui vise à faire de la France la première puissance européenne d’ici à dix ans en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Les propositions
Pour les étudiants : une formation de haut niveau préparant à l’insertion professionnelle
  • 1
    Informer les lycéens des conditions de réussite dans l'enseignement supérieur : pour chaque filière de formation, publication sur APB par les universités et les écoles des matières principales recommandées au lycée et des débouchés professionnels. Dans les filières en tension, fin de la sélection par algorithme ou tirage au sort et préférence à ceux qui se sont préparés dès le lycée à la voie pour laquelle ils postulent et qui ont l’envie et le talent nécessaires pour y parvenir.
  • 2
    Laisser la liberté aux universités de créer des filières d’excellence, de définir et de mettre en œuvre elles-mêmes les règles d’admission en master.
  • 3
    Revaloriser et développer les formations supérieures professionnalisantes (BTS, DUT, nouvelles filières à bac +3 de type bachelor) et revisiter le contenu des formations pour prendre en compte l’évolution des métiers à l’ère du numérique.
  • 4
    Augmenter fortement le nombre de formations par la voie de l’alternance.
  • 5
    Soutenir les programmes européens (Erasmus +) d’encouragement à la mobilité des étudiants.
  • 6
    Adapter le numerus clausus de fin de première année d’études de santé aux besoins régionaux et territoriaux.
  • 7
    Développer les bourses au mérite.
Pour les enseignants-chercheurs : redonner de la fierté et de la liberté
  • 8
    Redonner de l’attractivité aux carrières universitaires et de recherche en France. Revaloriser notamment l'entrée dans la carrière des maîtres de conférences. Alléger les contraintes statutaires, encourager l'internationalisation et la mobilité professionnelle. Laisser les établissements choisir leurs enseignants-chercheurs, fonctionnaires et/ou contractuels, tout en s’assurant de leur haut niveau par un avis favorable du CNU. De même, fixer des règles éthiques qui encadrent l’éventuelle promotion d’un maître de conférences comme professeur dans son université d’exercice.
Pour les établissements : donner l’autonomie pédagogique et budgétaire
  • 9
    Laisser aux établissements la liberté de choisir leur structure, leurs partenaires, en simplifiant le dispositif législatif. Assouplir le recours au statut de « grand établissement ». Pouvoir déroger aux règles générales et expérimenter des dispositifs de gouvernance nouveaux.
  • 10
    Augmenter le financement de l’enseignement supérieur. Outre l'effort de l’Etat, il faudra rechercher le soutien du secteur privé et développer les ressources propres. Dans la limite d’un plafond national, les conseils d'administration pourront fixer les frais de scolarité applicables en master et doctorat, en fonction des disciplines et des débouchés professionnels. Les étudiants boursiers resteront exonérés des frais de scolarité. Les établissements auront aussi une plus grande latitude sur la gestion de leur parc immobilier.
  • 11
    Evaluer les établissements. L’évaluation doit prendre une forme moins bureaucratique et porter sur la formation et l’insertion professionnelle, la recherche et la gestion. Menée par une autorité indépendante, l’évaluation doit emporter de réelles conséquences, notamment sur le montant des dotations publiques versées à l’établissement.
Pour la recherche : faire confiance à l’excellence des chercheurs
  • 12
    Remettre la créativité et les équipes au cœur de la politique de la recherche. Redonner à l'agence nationale de la recherche (ANR) les moyens de financer des projets à caractère original et innovant et donner une nouvelle impulsion aux investissements d’avenir et au soutien dans la durée des projets d’excellence.
  • 13
    Faciliter la vie des chercheurs en simplifiant les procédures administratives qui leur sont imposées. Revaloriser la fonction de chercheur. Aider les chercheurs à préparer des réponses aux appels à projet européens.
  • 14
    Promouvoir les liens avec l’industrie : développement du label "Carnot" et des laboratoires communs, renforcement du dispositif des thèses CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche).