Europe

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Une France souveraine dans une Europe respectueuse des nations

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La décision du peuple britannique de sortir de l’Union Européenne place l’Europe à un tournant historique qui nous oblige, comme je ne cesse de le réclamer depuis plusieurs années, à proposer un autre chemin pour l’Europe. L’Europe est en crise et le Brexit est la conséquence directe d’une absence d’initiative des leaders européens et notamment de François Hollande premier responsable de cette situation. Aujourd’hui l’Europe apparait au mieux comme inefficace, inutile, dépassée et au pire comme un obstacle à notre développement et notre liberté. Trente années de renoncements ont provoqué une profonde crise identitaire, mis à mal la cohésion des sociétés, creusé un fossé d’incompréhension entre les peuples et les responsables politiques, nourri la montée des populismes et des extrémismes. Pourtant, c’est au moment où il serait nécessaire de s’organiser collectivement du fait des menaces économiques et sécuritaires que l’Europe se délite. La situation est critique et si nous ne voulons pas que le rêve des fondateurs, celui d’une civilisation européenne démocratique et ouverte sur le monde, tourne au cauchemar, il faut changer d’Europe.

L’Europe doit être un instrument et non pas une religion. C’est pour cette raison que je suis l’un des seuls aux côtés de Philippe Seguin, à avoir fait campagne contre le traité de Maastricht. Aujourd’hui, ce projet d’Europe fédérale que j’ai toujours combattu est arrivé à terme. Il faut reconstruire une nouvelle Europe plus politique qui saura susciter l’adhésion des peuples et des nations. Nous devons donc proposer une évolution de la construction européenne raisonnable, réaliste et efficace. Je suis ainsi pour une Europe des nations, une Europe qui, dans la lignée de celle voulue par le Général de Gaulle, soit garante de notre souveraineté. Mais je défends aussi l’urgence d’une France souveraine au sein d’une Europe qui partage des valeurs communes et un objectif commun : celui de notre souveraineté vis-à-vis de nos autres partenaires. Pour cela, l’Europe devra concentrer son action sur quelques domaines bien définis et laisser la liberté aux Etats nations de se gouverner comme ils l’entendent sur une majorité de sujets, en respect du principe de subsidiarité.

La France doit être le moteur de ce renouveau. La France est le pays fondateur de la construction européenne, la locomotive qui a su faire émerger le projet européen. La France doit reprendre la première place et sensibiliser les autres pays européens sur l’urgence de créer une Europe respectée par nos principaux partenaires et notamment les Etats-Unis et la Chine. Pour cela, la France a tous les atouts structurels pour engager les pays européens sur le chemin de réforme. Sa démographie, la productivité de sa main d’œuvre, la qualité de ses équipements publics, de ses infrastructures, de ses services publics, ses paysages, sa culture, la force de ses entreprises mondiales ainsi que notre armée, la seule opérationnelle sur le continent européen font que nous sommes le seul pays à pouvoir engager l’Europe vers un nouveau chemin. Pourtant, depuis une vingtaine d’année, l’influence de la France s’est étiolée, nous avons perdu la main sur cette construction européenne qui ne nous ressemble plus. L’intérêt de la France est de convaincre les pays européens de leur capacité à être autonomes, non sous l’angle du bras de fer mais de la conciliation, et donc de l’importance d’adopter des positions communes sur certaines questions. On doit pour cela proposer une stratégie d’indépendance que nos partenaires sont susceptibles d’accepter. Cependant, pour entrainer nos voisins européens, et notamment l’Allemagne, il convient que la France retrouve sa crédibilité économique et sociale en suivant la voie de la réforme notamment budgétaire. C’est tout l’objet de mon programme qui donnera les moyens à la France d’être crédible et forte pour être entendue par nos partenaires. Les réformes en France devront être concomitantes avec nos propositions pour un projet européen recentré sur la zone Euro que j’engagerai dès mai 2017 avec un calendrier précis établi à l’avance.

Je propose donc pour relancer l’Europe de se concentrer sur trois priorités stratégiques que l’on peut déterminer dès maintenant et mettre en œuvre sans avoir besoin d’un nouveau Traité :

– La sécurité des citoyens avec des frontières efficaces, une immigration maîtrisée et une défense autonome.
– La souveraineté économique et financière en faisant de l’Euro une monnaie de réserve.
– L’investissement, l’innovation et la recherche au service de grands projets européens et d’une une société de la connaissance.


1. Une Europe qui maitrise ses frontières et son immigration

Dire que la sortie de l’espace Schengen est la réponse aux problèmes des flux migratoires est faux. Les réelles solutions sont dans la réforme de Schengen afin de lui donner les moyens d’être efficace pour assurer la sécurité des européens. Les Français sont attachés à la libre circulation en Europe, qui a, comme contrepartie, des contrôles systématiques aux frontières extérieures de l’espace Schengen.

Pour retrouver une Europe qui maitrise ses frontières et son immigration je propose de :

– D’ouvrir des négociations avec nos partenaires pour lancer un « Schengen de la justice » : Appliquer en France la double peine, expulser systématiquement de l’espace Schengen tout délinquant reconnu coupable d’un crime ou d’un délit et demander la réciprocité au niveau européen avec l’expulsion systématique de l’espace Schengen de tout étranger condamné pénalement dans un pays européen.
– D’harmoniser nos règles d’accueil avec notamment la création d’un droit d’asile européen.
– De conditionner l’accès aux prestations sociales par les étrangers non européens à présence légale de deux ans sur le territoire sans infraction.
– De tripler le budget de Frontex et créer un corps européen de gardes-frontières.


2. Une Europe qui contrôle sa défense et sa sécurité

Il n’est pas raisonnable que l’Europe s’en remette exclusivement aux Etats-Unis pour la protéger.Il est également anormal que la France assume seule budgétairement et militairement la sécurisation du Sahel face au terrorisme islamique. La solidarité en matière de défense doit être de mise.

Pour que l’Europe ait une défense autonome et efficace je propose :

– Que chaque pays européen fasse des efforts militaires et financiers pour donner à l’Europe le pouvoir de peser militairement sur la scène internationale.
– De créer une solidarité européenne pour soutenir l’industrie européenne de la défense à la fois en matière de développement de programme militaire mais également d’achat d’armes européenne.
– De continuer et approfondir la coopération militaire avec les britanniques et ce même après le Brexit.


3. Faire de l’Euro un outil de notre souveraineté

L’Euro peut doit être utilisé comme un moyen pour retrouver notre souveraineté et notre indépendance vis-à-vis du Dollar et ainsi de la justice et de la politique étrangère américaine.

Pour faire de l’Euro un véritable outil de souveraineté je propose de :

Faire de l’Euro une monnaie de réserve et de règlement à égalité avec le Dollar américain.
Doter la zone Euro d’un directoire politique, composé des chefs de gouvernement, présidé par l’un d’entre eux.
Créer un Secrétariat Général de la zone Euro complètement autonome de la Commission qui assurera le suivi et la gestion de la zone économique.
Coordonner la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne avec une stratégie économique globale.
Créer, à terme, une fois la convergence fiscale achevée, un Trésor européen avec une mise en commun des dettes.


4. Une politique commerciale souveraine et protectrice de nos intérêts

L’Europe ne défend pas au mieux nos intérêts économiques face aux grands pays émergeants.

Pour permettre à l’Europe d’être plus protectrice pour nos entreprises, je propose de :

Refuser de signer le traité transatlantique en l’état car il est beaucoup trop déséquilibré.
– Demander la réciprocité en matière derespect des normes environnementales et sociales sur les produits importés afin que nos industries ne subissent plus une concurrence déloyale.
– Mieux veiller au respect des réglementations anti-dumping.
Exiger la réciprocité concernant l’ouverture des marchés publics en Chine et aux Etats-Unis.
Refuser des décisions européennes allant à l’encontre des intérêts économiques de la France comme les sanctions à l’égard de la Russie qui nuisent gravement nos entreprises.
– Proposer un nouveau partenariat commercial EU/Russie qui offrirait à nos entreprises de nouveaux débouchés.
Refuser que le statut d’économie de marché soit accordé à la Chine.


5. Une Europe avec des Institutions plus efficaces et plus respectueuses de la souveraineté des Etats

Pour changer l’Europe, il faudra réformer les institutions afin que leur pouvoir soit davantage encadré par les Etats et que le principe de subsidiarité redevienne la règle.

Pour des institutions plus démocratiques et plus efficaces je propose de :

Revoir le rôle de la Commission européenne et circonscrire son pouvoir de proposition à seulement quelques domaines fondamentaux.
Revoir les priorités de la Commission et l’inciter à lancer des nouvelles initiatives sur quelques sujets spécifiques en se dessaisissant d’autres sujets ou elle n’a pas de valeur ajoutée pour les remettre au niveau des Etats membres.
Confier la Gouvernance de la zone Euro à un Secretariat Généraldédié qui remplacera la Commission.


6. Créer une Europe de l’innovation et de la connaissance

L’Europe doit se fixer pour but d’être la première puissance mondiale de l’innovation et de la connaissance en mettant en commun ses moyens pour créer les futurs Airbus du numérique et favoriser l’innovation scientifiques européennes.

Pour l’Europe devienne le premier pôle d’innovation au mondial, je propose de :

– Défendre notre propriété intellectuelle numérique et assumer l’exception culturelle.
Concevoir et créer en Europe les futurs leaders mondiaux du numérique.
Créer des pôles à vocation mondiale sur la recherche médicale ou transports du futur.
Mise en réseau au niveau européen des pôles de compétitivité et à la coordination des programmes de recherche entre les universités européennes afin de faire contrepoids aux investissements massifs des États-Unis et de la Chine dans les domaines stratégiques.
Mettre en place une nouvelle politique énergétique européenne innovante et indépendante.

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