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Vœux de François Fillon à la presse et aux parlementaires

Mesdames et messieurs,

Avec plaisir et amitié, je vous souhaite la bienvenue dans notre nouveau siège de campagne.

Durant quatre mois, nous allons vivre ensemble des jours importants pour notre pays.

Je serai au front et vous serez, vous journalistes, sur la brèche, au service de l’information des Français.

Je ne doute pas que notre relation sortira renforcée de ce compagnonnage, même si je sais que je ne suis pas pour vous un « client » facile…

Vous devrez faire avec ma réserve et mes sourcils broussailleux. Dur travail !

L’actualité est frénétique, les évènements du matin chassent les éditos du soir, l’imprévisible est devenu votre lot… Même les primaires de la droite et du centre ne sont pas prédictibles !

2017 réclamera beaucoup de lucidité de notre part à tous.

Les leçons de la primaire doivent être méditées : méfiez-vous des scénarios écrits d’avance. Les grilles de lecture du microcosme ne sont plus celles de cette France silencieuse et fiévreuse que j’ai parcourue de long en large.

Bienvenue dans l’insondable et dans les entrailles d’un pays à cran qui cherche des solutions à ses difficultés.

Face à cela, il faut des repères, des lignes de force.

J’ai  les miennes : celle du redressement national qui commande la radicalité de mon projet ; celle de la liberté comme ressort du progrès ; celle des valeurs françaises car il faut des racines pour gagner le futur ; et puis, j’ai la conviction que la France et la civilisation européenne traversent une période décisive.

La mondialisation « heureuse » est en miette, le multilatéralisme est en sursis face au retour des rapports de force et de la guerre.

Dans ce contexte, je veux qu’en 2017 nous commencions à nous donner les moyens de la puissance française pour rester maitres de notre destin, chez nous, en Europe, sur la scène internationale.

La puissance exige plus de productivité et d’investissement pour aller chercher la croissance, plus de liberté pour le travail et l’innovation, plus de sérieux budgétaire pour être indépendant des marchés, plus d’autorité pour restaurer la confiance, plus de grandeur et d’efficacité sur la scène internationale.

L’élection de 2017 doit être le point de départ d’un peuple qui se remet à l’offensive.

Nous partons de loin.

Ce quinquennat médiocre nous a affaiblis alors même que les planètes étaient alignées : euro moins fort, prix de l’énergie en baisse, taux d’intérêts très bas… L’occasion d’accélérer a été ratée.

François Hollande et ses « camarades » socialistes n’ont aucune leçon à donner à l’opposition.

La croissance est maigrelette, le chômage nous gangrène, la paupérisation s’étend, la dette nous vampirise, l’extrême droite a engrangé des succès inédits…

Franchement, quels brevets nos adversaires ont-ils pour jouer les professeurs d’économie, les sauveteurs de notre modèle social ou les vigies de la République ? Aucun !

Quant à l’Europe, la voix de la France est devenue inaudible.

Pour être entendu il aurait fallu être crédible, mais pour être crédible aux yeux de nos partenaires il aurait fallu incarner autre chose que le gouvernement des demi-mesures et des déficits en cascade.

Au Moyen-Orient, les évènements nous échappent au profit de la Russie, de la Turquie et de l’Iran, tout ceci sous le regard médusé de notre diplomatie qui a multiplié les errements et les erreurs.

Le réalisme géopolitique a eu raison de notre angélisme et de notre suivisme. En 2017, il sera plus que temps d’imprimer à notre politique étrangère une autre vision et de muscler notre défense.

Inutile de s’attarder davantage sur le bilan : François Hollande  l’a lui-même jugé insuffisant pour ne pas se représenter.

Quant aux primaires de la « Belle alliance populaire», on est en plein dans le vieux logiciel socialiste.

C’est la course à celui qui dépensera le plus, qui réformera le moins et qui promettra le beurre et l’argent du beurre.

Evacué Hollande et son quinquennat, oubliés les déficits, finis les engagements européens, ravalées les déclarations d’amour aux entreprises, aux orties le 49.3 et la Vème République !

Quel que soit le vainqueur de ces primaires, il y aura bien, entre nous, une différence de fond et d’intensité : moi, je veux redresser la France ; à gauche, on veut l’assister dans son déclin.

Ces dernières semaines, certains d’entre vous ont, parait-il, regretté ma discrétion médiatique… Cela me touche, mais j’ai mon agenda !

Je m’étais fixé trois objectifs.

Rassembler après les primaires toutes les forces et les sensibilités de ma famille politique. C’est fait !

Unir la droite et le centre autour de ma candidature. C’est fait !

Mettre en place une équipe de campagne ouverte à tous. C’est fait !

Maintenant, nous sommes collectivement en ordre de marche.

Il y a deux mois, je n’étais pas le candidat de l’establishment et je n’ai pas l’intention de le devenir : je vais repartir sur le terrain, je vais replonger dans le quotidien des Français, pour les écouter, les convaincre et les rassembler.

Je veux leur faire partager ma volonté d’action, pas la solder en affadissant mes convictions.

La démocratie, ça n’est pas un programme pour les primaires, un autre pour les présidentielles et pourquoi pas encore un programme pour les législatives !

Je me bats pour redresser notre pays et mon but est de mobiliser les citoyens, pas de ruser avec eux.

Alors certes, la radicalité et la franchise de mon projet m’exposent aux critiques et aux caricatures de ceux qui sont mous et flous.

Contre le changement, le système se rebiffe et use des arguments les plus fallacieux… Rien d’anormal, si ce n’est que le débat est bas.

Contre le redressement national, mes adversaires ont rédigé leurs tracts : «sang et larmes» «purge», «casse sociale», et pourquoi pas l’apocalypse !

La casse sociale, elle est pourtant là, sous nos yeux.

Mais rien n’y fait : 50 ans que la gauche nous rejoue le même film, 50 ans qu’elle instrumentalise la peur contre tout changement, avec maintenant pour acolyte l’extrême droite qui joue la même partition que l’extrême gauche.

Derrière ces postures, le chômage et la pauvreté augmentent, nos solidarités se délitent et la faillite nous guette.

Avec mes amis parlementaires, je vais riposter, m’expliquer, préciser mes objectifs, les compléter, mais pas de zigzags.

Ça n’est pas en biaisant qu’on convainc et qu’on va relancer la nation. La sincérité et la cohérence sont, à mes yeux, les meilleures armes de la victoire et de l’action.

Dans cette année qui s’amorce, je vois les défis qui nous attendent mais aussi les opportunités qui s’ouvrent.

Il existe en France une volonté de changement que les élites sous-estiment.

Cette volonté peut être extraordinaire si nous savons la guider vers des changements inédits ; des changements solidement préparés en amont, avec un calendrier, des textes de lois prêts à être adoptés, une équipe gouvernementale prête à agir.

Je me suis attelé à ce travail.

En Europe, l’élection de Donald Trump et la tragédie de Berlin changent la donne.

Pour les Etats Unis, notre continent ne sera, sans doute plus, la priorité ; pour l’Allemagne, une certaine idée du pacifisme a vécu.

La France devra saisir cette occasion pour remobiliser l’Union européenne autour de priorités stratégiques. Sécurité collective, défense, innovation, resserrage de la zone euro…

Je rencontrerai prochainement Angela Merkel et je lui détaillerai mes orientations pour l’Europe.

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en inquiète, au niveau international et singulièrement en Syrie, les cartes bougent.

Il y aura en 2017 des espaces pour une diplomatie française active et imaginative. Je veux que nous retrouvions notre place d’acteur écouté entre Américains et Russes, entre Sunnites et Chiites.

Redressement du pays, relance de l’Europe, influence internationale : « vaste programme ! » dirait le général de Gaulle. Certes, mais précisément, il se peut, si les électeurs en décidaient ainsi, qu’un gaulliste prenne les commandes au mois de mai.

Mesdames et messieurs,

Je forme le vœu que les Français se saisissent de cette année électorale pour donner à la France l’audace de se redresser.

Je les invite à ne pas craindre d’aller au bout de leur désir de fierté et de liberté.

Qu’ils sachent que je suis porté par leur énergie, leur désir de justice. Je veux incarner l’orgueil d’une nation qui ne se laisse pas abattre.

A vous toutes et à vous tous, j’adresse des vœux de bonheur, de succès, de santé.

Que la vie vous offre ses plus belles promesses.

Vous aurez beaucoup de travail ces mois-ci, mais c’est pour la bonne cause puisqu’il s’agit de la France et de la République.

Bonne année 2017 !

Pour mettre fin à l’intox, je partage !

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