hopital Lannelongue

François Fillon : “Rétablir la vérité sur mon projet en matière de santé.”

Monsieur le Président du Conseil d’administration, Cher Henri Lachmann,

Monsieur le professeur Dartevelle,

Mesdames et Messieurs,

Je tiens à vous remercier très sincèrement de m’avoir donné l’occasion de venir ce matin à Marie Lannelongue. J’en suis d’autant plus touché que je sais combien vos journées sont intenses.

Visiter un hôpital comme le vôtre, c’est être au cœur de la médecine d’excellence, c’est côtoyer des acteurs de la chirurgie du XXIe siècle.

Vous soignez des pathologies cardiovasculaires et des cancers thoraciques qui sont parmi les premières causes de mortalité dans notre pays. Vous êtes des très grands professionnels et votre don est offert à tous les patients, sans distinction.

Merci de cette rencontre avec des équipes de soignants exceptionnels pour une médecine exceptionnelle.

Les femmes et les hommes qui ont choisi le métier de soigner méritent tous les éloges. Notre société leur demande beaucoup et ils répondent toujours présents, malgré la pression, malgré le poids des responsabilités, malgré les blessures humaines qu’ils doivent traiter.

Votre établissement tient une place singulière dans notre système de santé.

C’est un établissement associatif à but non lucratif, un établissement du secteur 1, un établissement sans dépassements d’honoraires.

Secteur 1 et secteur 2, médecine libérale et médecine publique, la qualité de notre système de soins repose sur sa diversité. Et cette diversité doit être respectée car elle participe à l’objectif d’une santé de haut niveau, accessible à tous.

Cette visite est pour moi l’occasion de remettre les choses en place sur mon projet en matière de santé. Je me dois de répondre aux caricatures et je le fais devant des praticiens qui savent bien que le sujet ne se prête pas aux clichés.

Comme vous, comme tous les Français, je suis attaché à la Sécurité sociale et au principe de solidarité qui la fonde.

La Sécurité sociale, et tout particulièrement l’assurance maladie, c’est un des fondements de notre pacte national ! C’est l’un des ciments de notre société. C’est la garantie pour chacun d’entre nous d’avoir accès à des soins de qualité, que l’on soit riche ou pauvre, habitant de Paris ou de Lozère.

Ce principe républicain, humaniste, n’est, à mes yeux, pas discutable.

Nous possédons un système de santé et de solidarité dont nous pouvons être légitimement fiers. Mais évitons la langue de bois et les pêchés d’orgueil. Tout ne va pas bien ; il faut avoir le courage de le dire et d’agir.

Vous savez les maux qui traversent notre assurance maladie : déficit chronique, bureaucratisation des procédures, abus ici ou là, absence de vision stratégique, mauvaise articulation avec les complémentaires santé…

Et puis vous connaissez mieux que moi comment cela se passe sur le terrain.

Des urgences en surchauffe ; plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste ; des professionnels de santé exaspérés par la paperasse ; des déserts médicaux qui s’étendent ; un manque de synergie entre l’exercice libéral et le système public ; les 35 heures gérées tant bien que mal dans des services débordés ; des assurés qui, dans le maquis des complémentaires et mutuelles, savent de moins en moins à quoi ils ont droit et qui s’interrogent sur les garanties effectives dont ils disposent…

Frais d’optique, soins dentaires, consultations de spécialistes et opérations chirurgicales sont souvent moins bien remboursés qu’autrefois.

Si on demande aux Français si le système actuel est juste, ils raconteront que leur généraliste parti en retraite dans une petite ville de 5.000 habitants n’a pas trouvé de successeur.

Ils diront qu’ils n’ont plus les moyens d’aller chez le dentiste car les soins et les prothèses sont trop chers.

Ils diront que les cotisations augmentent et que les remboursements diminuent. Bref, ils diront que la médecine à deux vitesses est là. Qu’elle s’est installée de façon rampante.

Je regarde lucidement les choses et contrairement à certains, j’en parle !

Il faut poser les problèmes, vous diriez le « diagnostic »… Il faut dire la vérité, ne pas cacher les défis à relever, proposer des solutions et ne pas avoir peur de les mettre en œuvre. C’est cela qui me guide.

Je défends un projet fondé sur la liberté et la responsabilité afin de sauvegarder notre protection sociale.

Je n’ai pas de leçons de solidarité à recevoir. Ai-je supprimé ou privatisé les retraites lorsque j’étais ministre ou Premier ministre ? Au contraire j’ai sauvegardé nos retraites par répartition ! C’est une démarche analogue que je propose aujourd’hui.

Je ne reviens pas sur l’ensemble de mes engagements pour, je cite, « moderniser notre modèle solidaire de santé et assurer sa pérennité ».

Je m’engage entre autres, pour le renforcement de la synergie entre médecine de ville et hôpital, pour un meilleur pilotage du système de santé, pour l’encouragement à une médecine du futur.

Mais tout cela a, semble-t-il, été oublié. Il est tellement plus simple de caricaturer et de dire n’importe quoi…

Non, à aucun moment je n’ai voulu ou je ne voudrais « privatiser l’assurance maladie ».

Non, je ne veux pas distinguer entre gros et petit risque mais, oui, je le dis, je veux mieux articuler les rôles de l’assurance maladie et des complémentaires car nous savons les défis financiers à venir : dont celui de l’innovation et des médicaments de plus en plus coûteux.

Pour cela, je veux bâtir un système associant en amont Sécurité sociale et organismes complémentaires, leur permettant de mieux articuler leur intervention.

Il s’agit de parvenir à une clarification de leur rôle réciproque et additionnel qui éviterait, comme cela se fait aujourd’hui, de décider, au coup par coup, du déremboursement d’un médicament.

Ce sera le rôle de l’agence de régulation et de contrôle d’assurer un pilotage et d’arriver ainsi à une meilleure gestion de l’ensemble du dispositif de protection sociale.

Je veux simplifier les nombreux dispositifs de franchise et de ticket modérateur pour donner plus de transparence et ainsi favoriser la responsabilisation des assurés sur leurs dépenses. Est-ce remettre en cause la Sécurité sociale ? Je crois que c’est au contraire la consolider. C’est chercher à montrer à chacun que la Sécu est notre bien commun et qu’il faut savoir en user avec précaution et sens de l’intérêt général.

Ces deux propositions qui font partie d’un projet plus global sont donc conformes à l’esprit de notre système de protection sociale.

J’ajoute que les réformes se feront, le moment venu, en concertation avec tous les acteurs parce que j’ai conscience de la nécessité de dresser un diagnostic solide avant de continuer à avancer sur la santé.

Aujourd’hui, les centaines de professionnels de la santé que j’ai rencontrés m’ont exprimé leur colère, parfois mêmes totalement désillusionnés.

Il va falloir un peu de temps pour recréer un climat de confiance et examiner ensemble, sans tabou, sans préjugés, comment nous pouvons sauvegarder notre Sécurité sociale et agir pour s’adapter aux défis qui sont lancés à notre système de santé. Ce sont des défis qui, pour l’essentiel, au fond, visent à améliorer la qualité des soins qui sont apportés à nos concitoyens.

Je vais donc continuer, dans les prochaines semaines, mes rencontres avec tous les professionnels pour les écouter, pour vous écouter, et pour expliquer ce que sera mon projet présidentiel pour la santé et pour l’hôpital. Je vais demander à des experts indépendants de réaliser un audit des comptes sociaux. Puisque l’on entend tellement de choses à propos de la Sécurité sociale, il faut maintenant un peu de vérité et un peu de clarté. Et j’organiserai ensuite – avec mes amis parlementaires, dont beaucoup sont ici et sont des médecins – une convention qui nous permettra de préciser ce projet en étroite concertation avec les professionnels de la santé de tous les secteurs : la médecine libérale, l’hôpital public, les établissements exceptionnels comme celui dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

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Ici, à Marie Lannelongue, j’ai encore vu combien les Français pouvaient être fiers de leur médecine.

Par cette visite, j’ai voulu rendre hommage à une équipe : médecins, infirmières aides-soignantes, personnel administratif, cette équipe est au service des malades, de tous les malades.

C’est à partir de votre exemple, de votre expérience, que nous pourrons réformer notre système de santé et d’assurance-maladie. C’est un projet collectif ! C’est une responsabilité collective ! C’est ainsi que nous garantirons notre cohésion sociale.

Merci pour ce que vous faites, merci pour votre accueil et votre écoute.

Pour mettre fin à l’intox, je partage !

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