Fillon 2017

François Fillon à Oyonnax : "Je souhaite développer massivement l’alternance."

Discours de François Fillon
Oyonnax (Ain) – Jeudi 19 janvier

Seul le prononcé fait foi.

Mes chers amis,

C’est un plaisir de me retrouver parmi vous et puisque l’heure est encore aux vœux, je souhaite à chacune et chacun de vous une bonne année 2017.

Soyez heureux, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez, soyez passionnés, ne renoncez pas à vos rêves, et puisque vous avez la France au cœur, engagez-vous pour elle, mobilisez-vous pour elle : elle aura bien besoin de votre audace et de votre courage.

Il y a quelques semaines de cela, j’entendais François Hollande nous dire, avec le ton martial qu’on lui connait, « qu’il n’y avait pas de France sans Etat ! »… J’ai beaucoup de respect pour l’Etat, mais il faut surtout dire qu’il n’y a pas de France sans les Français !  Ce sont les Français qui font vivre notre pays.

Ce sont eux, travailleurs, entrepreneurs, agriculteurs, ingénieurs, chercheurs et tant d’autres métiers, qui font que notre pays est encore la Vème puissance du monde ; ce sont nos militaires, nos policiers, nos gendarmes qui le sécurisent et le défendent, parfois au prix de leur vie.

Avant de parler de l’Etat de façon abstraite, il faut parler des Français, de leur existence, avec ses coups durs et ses espoirs.

Il faut entendre leur colère à l’égard d’un système qui les ligote. Il faut entendre leur volonté de protéger leurs traditions, leur langue, leur art de vivre, leur identité.

Il faut entendre cette jeunesse qui ne sait pas si elle est condamnée au chômage ou à tenter sa chance à Londres, à Barcelone ou à New York.

On vous oublie. Exigez le respect et exigez-le de toutes vos forces puisque vous êtes la France !

Alors que s’achève un quinquennat calamiteux, 2017 ne peut être autre chose qu’une grande année, une année de sursaut et d’espérance.

L’année où la France aura fait le choix de se redresser.

On nous a habitués, ces derniers temps, à rétrécir nos ambitions, à racornir nos vues.

Moi, je veux vous inviter à revoir l’avenir en grand.

Sans nostalgie, mais forts de notre passé.

Sans démagogie, mais certains de nos compétences.

Sans mensonge, mais confiants dans notre capacité à retrouver, ensemble, le rang qui aurait dû demeurer le nôtre.

Il n’y a pas de fatalité pour un peuple qui se lève pour sa réussite.

Et ce ne sont pas les caricatures, les regards narquois et les surenchères populistes qui nous ferons dévier.

Nous le ferons tout simplement parce que nous avons pris la mesure de ces décennies d’immobilisme et de moralisme condescendant.

Nous le ferons parce que, contrairement à l’ensemble des autres candidats, nous avons compris que la réussite doit cesser d’être présumée coupable.

Le piège, c’est le compromis, la réforme molle, le refus d’aller au bout.

Ce que je veux, avec vous et pour vous, c’est libérer la France de ce qui la fait tomber.

Nous vivons dans un monde difficile, un monde où il va falloir se défendre.

Se défendre contre le totalitarisme islamique qui rêve d’abattre nos valeurs. Nous ne céderons rien : c’est nous qui battrons ces fanatiques !

Se défendre aussi face à la pression des géants économiques que sont la Chine ou les Etats-Unis.

Personne ne nous fera cadeau.

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, Mr Trump ne fait pas dans la langue de bois et l’angélisme.

Inutile de s’en indigner ou de trembler comme des feuilles.

Nous jugerons le nouveau président américain sur ses actes.  Mais le message est clair : la France doit être forte pour être respectée !

Et pour être forte, la France doit d’abord être fière car un pays qui ne croit ni en son drapeau, ni en son avenir, est un pays à genoux.

Pour être forte, la France doit être plus productive, elle doit être la patrie du travail, du mérite et de l’audace, elle doit être en capacité d’entrainer ses alliés européens, elle doit être indépendante sur la scène internationale.

C’est toute l’ambition de mon projet. Je veux redresser la France et lui donner les moyens de la puissance.

Depuis ma victoire aux primaires, c’est « le tous contre Fillon ».

Ne vous laissez pas intimider par les tirs de barrage.

Ne vous excusez pas d’avoir des valeurs. Ne vous excusez pas de croire en la France.

Exigez qu’on vous écoute, qu’on vous respecte. Assumez votre idéal et tenez vos positions !

Mon projet perturbe les castes bien établies.

Aucune mauvaise foi ne les arrête pour conserver leur petit pré-carré ; aucun mensonge, aucune sornette ne les freine.

Le chœur des pleureuses annonce, en se tordant les mains, la fin du monde si la droite l’emportait.

L’économie française, vous dit-on, s’arrêtera brutalement.

On verra, par millions, des Français désœuvrés, errer, à la recherche d’un service public en état de marche.

A les entendre, sans le socialisme il n’y aura plus de social et sans la firme Le Pen il n’y aura plus de  nation française…

Mais voilà, je suis Français et bien décidé à donner à mon pays sa sécurité et son progrès.

Mais qui sont-ils, pour nous accuser ? Qui sont ces donneurs de leçons ?

L’extrême-droite dont le projet économique est un copier-coller de celui de l’extrême gauche ? Retraite à 60 ans et retour du Franc : le camp de la faillite accélérée n’a aucun titre pour défendre le peuple français !

La gauche ? Depuis cinq  ans, elle n’a rien fait. Par leur incompétence, leur hésitation, leur désinvolture, les socialistes ont précipité le déclin de la France.

Leur bilan est sans appel.

Il est tel que le Président, plutôt que de devoir l’assumer, a jugé plus prudent de s’éclipser discrètement. François Hollande sort de l’Histoire par la porte de derrière.

Pas de vivats, pas de rappel, juste le silence d’une France indifférente mais à cran.

Mes adversaires m’accusent de menacer le « modèle social français ».

Mais son affaiblissement, c’est maintenant que nous le voyons, avec un chômage massif, avec une pauvreté et une précarité grandissantes, avec des déficits partout, des déserts médicaux, des soins de santé non remboursés, des urgences débordées par une épidémie de grippe, des structures d’hébergement saturées par le retour du froid !

Ce qui est brutal, ce n’est pas mon projet, c’est l’échec de la gauche.

Ce qui est brutal, c’est le désespoir des chômeurs, des exclus, des classes moyennes. Ce qui est brutal, c’est la délinquance et la violence qui pourrissent la vie des gens honnêtes.

Il y a une chose qui ne sera jamais pardonnée à François Hollande, c’est d’avoir trahi la jeunesse.

Il a menti en lui promettant n’importe quoi. Il a menti en lui cachant la réalité. Il a menti sur les chiffres du chômage.

La réalité, la voici.

Près d’un jeune actif sur quatre est au chômage.

Plus de 100 000 jeunes quittent, chaque année, le système éducatif sans diplôme ni qualification.

Deux millions d’entre eux sont à la dérive, ni au collège, ni en formation, ni au travail.

Et, au-delà de la jeunesse, six millions de Français pointent à Pôle emploi.

La pauvreté augmente, faute de croissance.

Des quartiers sont déglingués par la délinquance, des campagnes dépérissent.

De plus en plus de familles n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois.

Et nous laissons 2200 milliards de dettes à nos enfants.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Mon diagnostic est clair. Et tant pis s’il ne plaît pas aux démagogues qui aiment les histoires à dormir debout.

Il tient en deux phrases.

D’un côté, l’excès de normes, de contraintes et d’impôts freine l’activité, l’initiative, l’investissement et les embauches.

De l’autre, le chômage et la précarité nécessitent toujours plus de réglementations qui gênent les entreprises, et de dépenses publiques qui alourdissent notre endettement et poussent à augmenter les impôts, ce qui ne fait que boucler le cercle vicieux conduisant à moins de croissance et plus de chômage.

En réalité, ce constat est bien connu. Ce qui manque, c’est le courage de le regarder en face et d’agir.

Moi, je veux sortir de cette logique infernale !

Je veux débloquer l’économie, rallumer le moteur de la croissance, revenir au plein emploi. Je veux redonner espoir à la jeunesse en lui donnant le pouvoir d’entrer dans le monde du travail.

C’est le travail qui émancipe, et c’est le chômage qui aliène.

La meilleure politique sociale, c’est celle qui donne du travail à chacun. Et la seule politique qui donne du travail à chacun, c’est la liberté !

Les milliers de Français que j’ai rencontrés, ces trois dernières années, me l’ont tous répété : la bureaucratie a envahi nos vies, « qu’on arrête de nous emmerder ; laissez-nous travailler, oser et réussir ».

Tout est encadré, régulé, contrôlé. La paperasse a remplacé l’audace. La circulaire a remplacé l’initiative. Les normes ont remplacé le bon sens.

Mes amis, c’est à nous d’assumer la première valeur de notre devise républicaine, la liberté.

Ne la laissons pas se dissoudre dans les lubies égalitaristes de la gauche, les fantasmes autoritaires de l’extrême droite, et l’immobilisme économique des deux réunies.

Pour libérer l’économie, je veux concentrer le code du travail sur ses principes fondamentaux, et renvoyer le reste au dialogue social.
Je donnerai aux entreprises et à leurs salariés le pouvoir de négocier pleinement entre eux les heures et les conditions du travail.

Les 35 heures, je ne veux pas les moduler, les atténuer, les esquiver : je veux les supprimer totalement!

Je fais le pari de la vraie négociation sociale, dans les entreprises, là où entrepreneurs et salariés savent de quoi ils parlent, parce qu’ils parlent de leurs vies, de leur pouvoir d’achat, du carnet de commandes dont tout dépend.

Je renforcerai le statut de l’autoentrepreneur et créerai celui de travailleur indépendant, pour redonner à ceux qui veulent entreprendre le pouvoir de le faire.

La révolution numérique va transformer en profondeur tous nos processus, tous nos métiers, toutes nos industries.

Elle nous offre un potentiel d’un million d’emplois nouveaux si nous savons anticiper ces changements, former nos jeunes, adapter nos structures.

Par la liberté, je donnerai aux investisseurs de France le goût d’investir ici, chez nous, pour nos industries, pour nos emplois.

Je baisserai massivement les charges et j’allégerai la fiscalité qui pèse sur l’investissement.

François Hollande prétendait ne pas « aimer les riches ». Très bien, on a taxé et surtaxé la réussite et les Français sont tous devenus un peu plus pauvres.

Je suis un patriote : je préfère supprimer l’ISF que de voir l’économie française perdre des capitaux et tomber sous la coupe du Qatar et des fonds de pensions américains !

Débloquer l’économie, c’est aussi faire revenir la sphère publique à une taille raisonnable.

Je veux mettre de l’ordre dans les finances publiques, mettre les administrations aux 39 heures et revenir à un nombre d’emplois publics équivalent à celui des principaux Etats développés.

Avec 5,6 millions d’agents publics, franchement, il n’y a rien d’extravagant à réduire de 8% en 5 ans ce nombre.

Je préfère un Etat fort, avec des agents publics mieux organisés, mieux rémunérés, fiers de leurs missions, avec des plans de carrière plus motivants, qu’un Etat suradministré et croulant sous les déficits.

La puissance publique doit être un atout pour la prospérité, pas un frein. Elle ne doit pas réprimer la liberté mais la protéger.

La liberté est le meilleur carburant des sociétés vivantes. C’est elle qui encouragera les créations d’emplois et relancera l’ascenseur social.

Ceux qui aspirent au progrès et au dépassement de soi, ils ne craignent pas liberté : ils la demandent, pour prendre les commandes de leur vie.

La libération de l’économie débloquera les salaires par plus de travail.

Elle permettra d’équilibrer nos comptes publics en 2022.

Elle stimulera l’investissement par une fiscalité plus favorable.

Et elle bénéficiera aux Français puisqu’elle nous permettra de redistribuer 10 milliards de pouvoir d’achat supplémentaire aux salariés, à travers la hausse du salaire net et une politique familiale renforcée.

Cette libération de l’économie et du marché de l’emploi, je veux la mettre au service de notre jeunesse.

Dans le monde qui se dessine, la principale matière première: c’est le savoir. Ce sont les qualifications, les compétences, la formation.

Je veux refonder notre Ecole qui doit transmettre les savoirs fondamentaux à tous nos enfants avant de multiplier les activités périphériques.

D’autre part, et ce fut l’objet de mes visites d’aujourd’hui, je souhaite développer massivement l’alternance.

Plus du quart des jeunes Français actifs sont au chômage, contre 8% des jeunes Allemands. Or nous avons quatre fois moins d’apprentis en France qu’en Allemagne. Là-bas, 55 % des élèves d’une classe d’âge vont en apprentissage, et beaucoup de patrons sont d’anciens apprentis.

En Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse, où le chômage des jeunes est moins élevé, l’apprentissage est résolument tourné vers les entreprises, qui sont très impliquées dans la définition des formations.

Chez nous, l’alternance stagne, alors que c’est elle qui garantit l’employabilité, du secondaire jusqu’à l’enseignement supérieur, quelle que soit la filière suivie.

Nous allons réagir.

Je veux que l’apprentissage devienne la voie de droit commun pour l’obtention d’un bac professionnel. Ce serait un changement majeur.

Concrètement, cela impliquera que les lycées professionnels ouvrent des sections d’apprentissage en leur sein, à l’image des centres de formation des apprentis.

Si notre système fonctionne si mal, c’est notamment parce que tout le monde essaye de le gérer : l’Etat, l’Education nationale, les collectivités locales, les branches professionnelles.

Il est temps de mettre de l’ordre dans ce labyrinthe. Et il est temps de donner plus de liberté aux acteurs de terrain. Ce sont eux qui sont les mieux à même d’adapter l’offre de formation aux besoins locaux.

Je veux placer les lycées professionnels sous l’autorité des régions et des branches professionnelles.

Quant à l’Etat, il doit conserver un rôle d’évaluation.

Je veux aussi inciter les entreprises à recourir à l’apprentissage, en leur offrant un cadre plus attractif.

Financièrement d’abord, en exonérant totalement de charges sociales l’embauche d’un jeune en alternance.

Mais aussi juridiquement, avec un cadre administratif plus souple : est-il normal qu’un apprenti ne puisse pas monter sur un escabeau pour des raisons de normes, alors que le salarié le pourrait ? Il faut aligner et rapprocher les régimes.

Et il faut revoir le rythme de l’alternance, pour le rendre compatible avec celui de l’entreprise, et pour que l’apprenti soit davantage présent dans l’entreprise que sur les bancs de l’école.

Bref, je veux que l’apprentissage devienne une véritable voie d’excellence !

Quant aux contrats aidés, trop d’entre eux n’assurent pas aux jeunes leur insertion professionnelle. Seule l’entreprise crée vraiment des emplois durables.

Je veux donc réorienter le budget de ces contrats vers l’alternance.

Soyons innovants ! Je propose, par exemple, que ce redéploiement permette de développer des dispositifs de préapprentissage dès la classe de quatrième au collège, et d’alternance dans les écoles de la deuxième chance.

Je souhaite que nous fassions tout pour rattraper chaque jeune en situation d’échec ou en marge du système, afin de les rediriger vers le monde de l’entreprise.

Je veux aussi développer la formation professionnelle des personnes au chômage, notamment pour sortir de ces situations ubuesques où l’on constate des pénuries de main d’œuvre qualifiée alors que le chômage n’a jamais été aussi haut.

Mes amis,

Pour redresser la France, il faut enrayer le fléau du chômage, mais aussi refonder les piliers de la République.

La famille est un des piliers de notre société. Elle a été dédaignée. Je la protégerai, je lui redonnerai ses droits et des moyens supplémentaires !

J’ai parlé de l’école et de la formation. L’Ecole de la République est aussi l’Ecole du civisme et de la citoyenneté.

Elle a dérivé loin de cet idéal.

Je refonderai l’Ecole de la République en commençant par un symbole fort : le port d’un uniforme scolaire donnant à tous les élèves, quelles que soient leurs origines, le goût d’être ensemble, tous égaux, tous conscients d’être dans un lieu singulier qui exige discipline et fraternité : le lieu du savoir.

La liberté sans l’autorité, c’est l’anarchie !

Je veux réaffirmer l’autorité de l’Etat, le respect du droit, la nécessité de l’ordre.

La sécurité n’est pas une option : c’est un droit fondamental.

Je veux des forces de l’ordre modernisées, respectées ; je veux une Justice ferme et rapide.

Je rétablirai les peines planchers pour les récidivistes.

L’impunité zéro doit être la règle.

Que nos pompiers, nos policiers puissent être caillassés, injuriés, brûlés à coups de cocktails Molotov, que nos enseignants aient la gorge serrée avant d’entrer dans leurs classes, c’est la preuve qu’une part de notre jeunesse part en vrille.

Où est le respect, où est la morale, où sont les familles ?

Partout en France, et notamment chez nos concitoyens les plus modestes, ceux qui sont au cœur des cités difficiles, on demande de l’ordre, du travail, de l’éducation.

On veut la loi de la République, pas la loi de la rue !

Aujourd’hui, les gens honnêtes ont peur et les délinquants n’ont pas froid aux yeux… C’est un comble. La peur doit changer de camp car il n’y a pas de démocratie sans sécurité.

Je souhaite une république unie.

La France n’est pas une addition de communautés, repliées sur elles-mêmes.

La France a une identité, des coutumes, une langue, une culture, un drapeau !

Nous avons des différences mais nous n’avons collectivement qu’un destin.

Un pays qui se disloque de l’intérieur, qui se désagrège en clans, en ghettos, un pays qui ne croit plus en son unité faute de savoir quelle est son identité, ce pays est condamné à s’effondrer.

Dans un monde de 7 milliards d’habitants, les 66 millions de Français doivent faire bloc.

Au fond de leur cœur, ils doivent avoir ce sentiment d’être les membres d’une même famille qui s’engage ensemble pour la France : la France, ce vieux et magnifique pays qui est un peu notre chair à tous car nous ne sommes pas des pions anonymes, nous sommes les successeurs d’une histoire étonnante qui a fait de nous l’une des toutes premières puissances du monde.

Il a fallu des siècles pour faire la France.

A aucun moment notre nation ne s’est définie de manière spontanée.

Nous avons fédéré nos provinces, nous nous sommes imposé une langue commune, nous avons défini et protégé des frontières, nous avons su marier nos influences latines, germaniques, atlantiques, méditerranéennes, d’outremer…

Tout ceci pour dire, mes amis, que la France n’est pas le fruit du hasard, mais le fruit d’une volonté de rassembler.

Rassembler les Français, cela va de soi, par-delà leurs origines sociales et leurs opinons.

Mais aussi rassembler tous ceux qui, au cours des siècles, ont rejoint notre nation pour y travailler, pour y vivre, mais aussi parfois pour la défendre au péril de leur vie.

Vous connaissez la formule de la légion étrangère – «Français, non par le sang reçu mais par le sang versé».

La France a accueilli et assimilé des générations d’étrangers qui lui ont apporté leur énergie.

Notre pays avait besoin d’eux et il pouvait compter sur son économie pour subvenir à leurs besoins.

Aujourd’hui, ça ne marche plus.

Sur cette question de l’immigration, j’ai des convictions que je veux vous faire partager.

D’abord, je regarde froidement les faits et je dénonce l’angélisme de ceux qui estiment qu’il n’y a pas de problème.

A l’évidence, les capacités d’accueil de notre pays sont saturées.

Nous sommes en crise économique et priorité doit être donnée à ceux qui, chez nous, cherchent du travail ; notre système d’intégration ne fonctionne plus ; dans certaines de nos Ecoles, la mixité sociale a disparu ; dans nombre  de nos quartiers le communautarisme s’étend, sans parler de ceux qui instrumentalisent la religion pour défier les lois de la République.

Ne pas voir cela, c’est être dans le déni. Et le déni, c’est la porte ouverte au scénario de l’explosion sociale, et ce serait un malheur pour tous.

Je stopperai l’immigration sans intégration, sans assimilation. Les étrangers ont des devoirs avant d’avoir des droits.

Je veux réduire l’immigration à un strict minimum en la limitant par une politique de quotas.

Ceux que nous accueillons sont les bienvenus s’ils respectent leur hôte. Sinon ils n’ont rien à faire chez nous.

La France accepte les vrais réfugiés politiques mais sera inflexible avec les clandestins.

Je veux que l’aide au développement soit conditionnée à la coopération des Etats d’origine en matière de maîtrise des flux migratoires et de retour de leurs ressortissants.

Je veux protéger notre République contre le totalitarisme islamique.

Ceux qui refusent d’employer le mot « totalitarisme » et ne parlent que de « terrorisme » confondent l’arme et l’idée. Ils se voilent la face et trompent les Français !

Le totalitarisme est une idéologie qui veut la fin de notre liberté. Le terrorisme n’est que le moyen détestable utilisé dans cet objectif.

Nos concitoyens musulmans doivent être protégés de cette idéologie, à laquelle ils sont loin de tous adhérer, mais qui les infiltre et les prend en otages.

Je demande un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé.

J’exige la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du « salafisme » ou des frères musulmans.

Je veux qu’on retire leur nationalité aux Français qui sont partis nous combattre en Syrie et en Irak.

Mes amis,

Ce qui est en jeu avec le redressement économique de notre pays et sa nécessaire union autour des principes de la République, c’est notre souveraineté.

La France doit être souveraine, dans une Europe souveraine.

Notre pays doit pouvoir s’appuyer sur ses forces militaires. Leurs moyens seront augmentés.

Il doit poursuivre une politique étrangère fondée sur l’intérêt des Français.

La France doit redevenir la première puissance européenne et aider l’Europe à devenir la principale puissance mondiale.

Je ne parle pas de l’Europe communautaire et de ses normes byzantines pour fixer la taille des choux fleurs. Je parle de l’Europe des nations, unies pour défendre la civilisation européenne.

Avec Donald Trump notre Continent ne sera sans doute plus la priorité des Américains. Et avec la tragédie de Berlin, une certaine idée du pacifisme a sans doute vécu en Allemagne.

A nous, Français, de remobiliser l’Union européenne autour de priorités stratégiques.

D’une part, en matière de défense et de sécurité collective : nous devons mettre nos forces en commun pour protéger l’Europe face aux nouvelles menaces.

D’autre part, en matière d’innovation et de numérique : nous devons viser une véritable souveraineté numérique européenne.

Les investissements européens dans les infrastructures et métiers de demain doivent être massivement concentrés sur le numérique et les réseaux.

L’Union européenne doit se doter de normes et de standards communs, sans attendre que ceux des grands groupes américains s’imposent à nos entreprises.

Et il est indispensable de garantir l’autonomie stratégique de l’Europe dans certains domaines clés comme les microprocesseurs, la nanoélectronique, l’électronique quantique, l’identité numérique, les télécoms.

J’évoquerai tous ces sujets à la fin du mois avec la chancelière allemande. C’est par un accord franco-allemand que l’on pourra enclencher une dynamique européenne.

Mes chers amis,

Il nous reste trois mois ! Trois mois pour redonner espoir à la jeunesse.

Trois mois pour partager notre idéal.

Trois mois pour balayer les frilosités, les conservatismes, le politiquement correct.

Trois mois avant de tourner enfin la page du déclin et du fatalisme.

Trois mois pour aller à la rencontre de chaque Français et lui redonner le goût du progrès.

Trois mois pour être à l’avant-garde de la révolution du bon sens.

Ces trois mois pèseront lourd dans l’avenir de notre pays.

Vivez-les intensément. Vivez-les avec détermination,  vivez-les avec la passion des femmes et des hommes libres.

Venez avec moi ouvrir une nouvelle page de notre histoire !

Que votre volonté soit l’étincelle des autres volontés.

Entrez dans cette aventure éternelle d’une nation qui toujours se redresse et s’élève : l’aventure de la France, notre France.

Vive la République, vive la France!

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